Ma life au concours ENSAD 2015

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Aujourd’hui j’ai décidé de faire un article sur le concours des Arts Décos de Paris, de la façon dont je l’ai vécu, parce que j’ai moi-même regardé sur internet comment ça se passait avant de me lancer, CHRONIQUE:

27 Février – 3 mars: 50m, pré-sélection

round2

Hop, ça y est, le sujet est tombé après 5 minutes de serveur surchargé, cette année on aura 96 heures pour présenter une production plastique libre à partir du sujet 50 m.

On doit donc bosser chez nous et répondre en 10 planches A3 (max) à ce sujet et évoque tout et rien à la fois.

C’était un vrai casse-tête dans les premières heures mais au final je me suis éclaté à imaginer un jeu de carte à collectionner, jouer ou utiliser comme cartes divinatoires. C’était très… euh… personnel!

Voilà donc 50 m, un jeu de carte subjectif
– 10 séries de 5 cartes mystérieuses aux qualités plastiques inégales haha

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Allez hop, mardi midi, fin de l’épreuve, il faut maintenant attendre que les jurys regardent un à un chaque sujet avant de savoir si on aura l’opportunité de défendre le notre à l’oral.

malin

14 Avril: Entretien avec le jury

J’ai été retenu! Ce jour-là j’ai été convoqué à l’école pour défendre ma production au sujet de pré-sélection mais également un dossier personnel (10 « projets » conseillés, mais en fait tant qu’on rentre dans 10 minutes environs on en présente autant qu’on veut, c’est libre on peut montrer des projets plastiques scolaires, perso, mais aussi des carnets de croquis, de travail, des carnets perso), suivi d’une analyse d’image au hasard entre deux piles.

Si vous n’avez rien capté au cartes ci-dessus, voici donc la note d’intention:

Mon travail se compose d’un jeu de cinquante cartes à collectionner intitulé 50 m , produit avec différents médiums tel que la photographie, la peinture, le dessin digital ou à la plume, et de sa boîte.

Sur chaque carte une quantité plus ou moins importante de « m » est indiquée en bas à gauche. Cette quantité variable n’est jamais calculée de la même façon, et n’indique jamais la même chose en fonction de la série à laquelle on l’applique.
Ici, dix séries de cinq cartes donnent toutes à m une valeur différente, il n’y a aucun algorithme permettant de trouver comment sont calculés ces chiffres, aucune indication quant à leur sens sur les cartes ou dans le dossier. m n’est plus une lettre, une unité de distance, de quantité ou de hauteur.
Pour ce travail j’ai cherché une nouvelle approche de la lettre m, de son sens, de sa fonction.

Subjectif et pluri-sémantique, m prend ici le rôle que l’on lui donne en l’accordant avec une interprétation de la lettre par Arithmomancie: m est la métamorphose, le changement, la transition vers le haut ou le bas.  m est un indicateur d’intensité de modification.
Les 10 séries de cartes se divisent en deux grands axes, le premier « Corps et esprit » rend compte à travers ses images des métamorphoses qui ont lieu sur le corps ou, et parfois en même temps, à l’intérieur de celui-ci (le tatouage, l’aliénation, la chirurgie esthétique, le show-business…).
Le second « Homme en environnement » rend compte des changements climatiques, ou de l’emprise de l’homme sur son milieu. Par exemple, la série « Planètes » imagine l’action néfaste de l’homme sur l’espace tandis que la série « Ciel » l’expose.

50 m n’est pas une collection de cartes purement visuelle: si on pousse le principe il est possible de jouer de différentes manières: réunir toutes les cartes d’une série ou réunir toutes les cartes d’un même grade au sein d’une série, ou même prendre l’Arithmomancie au pied de la lettre et alors transformer le jeu en système de cartes divinatoires.
Mais le vrai jeu n’est pas là, si je ne donne volontairement aucune information sur la valeur de m ou l’ordre des cartes dans une série, il est possible que certaines séries facilitent la recherche du sens et que d’autres la brouille. Si le rôle que j’ai attribué à chaque fois à m ne se dévoile pas au premier regard, il est en votre pouvoir de lui en offrir un.

À l’issue de cet entretien qui s’était plutôt bien passé, on a attendu deux semaines de savoir si on continuait l’aventure ou pas.
J’ai eu une plutôt bonne surprise en apprenant que j’étais deuxième du classement à mi-parcours avec un joli 46/50.

Mais bon, c’était loin d’être fini!

18 Mai: Épreuve de création

euh

C’est dans un magnifique entrepôt de Nanterre que nous étions convoqués (les 300 candidats admissibles) à l’épreuve de création le 18 mai.

2h30 imparties, une boîte en carton et une liste de matériel imposé plutôt basique.

Le sujet tombe:« Tirer un trait » , pas le droit aux photos.

Là pour le coup je faisais pas le malin, je rigolais un peu nerveusement en regardant les 300 personnes autour de moi et puis je m’y suis mis.

WIP

Je suis resté dans l’optique du jeu en créant une boîte dont le fond représente un dessin à compléter point par point,et dans toute la profondeur de la boîte j’avais tissé une toile avec du fil de couture, rendant le dessin impossible à compléter avec un stylo.

Faut-il alors tirer un trait sur le jeu? Non non non! (humour intense)

Il suffit de découdre cette toile tendue avec L’AIGUILLE FOURNIE SUR LE COUVERCLE DE LA BOÎTE (demande l’autorisation à tes parents) et ainsi compléter le dessin en le BRODANT! DU PUR GÉNIE NESSPA?

Dans un excès de confiance et un manque cruel de temps, je décide de sortir du lot et décorer ma boîte pour en faire un « vrai » jeu, le packaging et tout, toujours dans l’optique Do It Yourself (finalement, le jeu demande à être déconstruit par le joueur).

J’ai conscience que mon projet est plastiquement pauvre et tend à vulgariser l’idée que l’on se fait d’une production artistique, mais je tente le tout pour le tout.

décor

Enfin bref, je me suis encore une fois amusé, mais j’étais bien moins confiant que pour 50m

tafékoi

20 Mai: Entretien d’admission

Pour la suite (et fin!) des épreuves nous avions eu trois livres à lire et à potasser. Une Chambre à Soi de Virginia Woolf, L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier et enfin Aliénation et Accélération de Hartmut Rosa

(les sujets traités sont plutôt socio/philo chez Rosa et Woolf, chez Bouvier c’est une magnifique invitation au voyage dans sa forme la plus pure, une très belle lecture, c’est un bouquin majeur dont je ne connaissais même pas l’existence, la honte)

Le mieux pour ce genre d’épreuve, c’est d’essayer de comprendre le point d’un récit pour le mettre en résonnance avec les autes, enfin, c’est ce que je me disais…

Lors de l’oral, on pioche deux extraits sur les trois proposés (au pif) et on en potasse un seul pour faire une analyse rapide et la présenter ensuite à l’oral, analyse que l’on doit effectuer dans l’ambiance studieuse, calme et anxiogène de la bibliothèque de l’école pendant vingt minutes.

la-chance

Puis vient le temps de l’oral, dernière épreuve du concours (ouf!)

20 minutes, trois membres dans le jury, pas les mêmes que ceux du premier round. Le temps est réparti en 8-8-4 comme au premier oral.

8 minutes pour défendre notre sujet de la boîte (que le jury découvre à ce moment), 8 minutes pour (re)défendre notre dossier artistique (le notre, le perso) et enfin 4 minutes (argh) pour l’analyse du texte qu’on a préalablement préparé dans la bibliothèque. Ça passe en un éclair!

Donc voià j’explique tant bien que mal avec ma boîte toute cassée mon intention, j’ai l’impression de venir en dilettante, je viens de vulgariser la création artistique, en faire un jeu et je donne l’impression de ne pas avoir pris l’épreuve au sérieux, je ne m’en rend pas compte, j’essaye de rigoler pour détendre l’atmosphère.

passion

Pour ce qui est de l’analyse de l’extrait, j’essaye de le mettre en relation avce les notions des autres livres, de mes lectures personnelles et même d’un livre demandé au concours des Arts Déco de Strasbourg dont le propos était très semblable. Ça me paraissait pertinent mais on me demande à plusieurs reprises de revenir vers l’analyse pure du texte, moi qui pensais mal maitriser ces lectures, je me retrouvais là à faire un travail d’analyse pur et dur.

Et voilà, petite alarme, tout est fini!

J’étais plutôt content en sortant de l’école, j’étais confiant, enfin, je me disais que j’avais fait de mon mieux!

Il n’y avait plus qu’à attendre les résultats.

voilà

Lundi 2 Juin: Résultats

En ce merveilleux lundi matin les résultats sont enfin tombés, plus de 3 mois sont passés depuis le début du concours, et après les Arts Déco de Strasbourg et les 70970863 entretiens APB passés, je suis un peu paumé. Ça tombe bien, je me suis fait recalé.

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Sur le moment je ne sais pas ce qui s’est passé, mes notes au second tour sont plus de 2 fois moins bonnes que celles du premier, je passe d’un 19,5 à un 8,7 pour les deux projets de création, et d’un 18,5 à un 4,7(/10) pour mon dossier artistique, strictement identique aux deux soutenances orales, dans mon entourage et dans ma famille, tout le monde est étonné.

Comme quoi mes notes de mi-parcours m’ont peut-être donné un trop gros boost de confiance en moi, peut-être (et sûrement) que ma dégaine « à l’aise rigolo blagues et yeux brillants » (technique d’auto-relaxation aux oraux) est passée comme de l’arrogance devant les jurys, toujours est-il que je n’intègre pas l’ENSAD cette année.

J’ai écrit cet article pour raconter un peu le déroulement du concours, mais également pour montrer qu’à mi-parcours, RIEN n’est joué.

Ce fut un concours longlonglong et stressant à mort mais j’en tire une bonne expérience haha! Je ne représenterai pas ma candidature en première année mais peut-être pour la suite de mon parcours.

À bon entendeur!

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J’ai fait des filles

J’ai fait des filles

Je les aime bien alors je vous les montre, les muses imaginaires. Je les ai dessiné pour me détendre à la fin de mon année de MàNAA sur des petits formats A6 juste avant de les montrer aux dix-mille entretiens.

Il y en a une qui me fait penser à un personnage de Steven Universe hahaha! (au passage, allez donc regarder ce cartoon parfait, c’est sur Cartoon Network et totalement gratos sur Internet – en anglais -)

La Ville du Futur

La Ville du Futur

Hello amidoux, aujourd’hui parlons FUTUR(s)
Revoir Paris à la
Cité de l’Architecture a été cette année l’expo qui m’a le plus marqué, il s’agissait de tout un parcours autour de la bande dessinée de François Schuitten et Peeters sur la ville du futur, sur une Paris utopique, solaire et aérienne.

Contrairement à ce qu’on imagine de la science-fiction et des imaginations du futur, dans Revoir Paris les tons sont chauds, les infrastructures sont lumineuses, l’humain est toujours au centre, dépassé par la grandeur de ses créations mais toujours maître de son environnement. Les planches originales et les illustrations étaient mises en réverbération avec des plans d’architectures imaginées dès le XIXème, des idées folles de Paris comme « ville monde » , le tout dans une esthétique rappellant un peu le steampunk, au final.

(l’époque où on pensait que le futur à Paris se passerait dans le ciel, avec des métro-dirigables haha, c’était fantastique!)

Je suis ressorti de l’expo le moral à bloc, j’ai eu à mon tour envie de rêver la ville, ça s’est traduit par des paysages inspirés de lieux réels dans Paris, mais défigurés par les ornements de la nature fictive et colorée que j’ai laissé envahir. Deviner les emplacements de chaque illustration est au final impossible, haha!

Du coup

c’est un peu le foutoir mais ça m’a fait énormément de bien, j’ai dessiné ces petits bouts de Paris végétale pendant la semaine des attentats de Charlie Hebdo, je suppose que créer dans un moment pareil fut une bonne chose…

La Ville du Futur est une série de 6 illustrations A4 à la gouache et à l’encre.

(avec un peu de recul, introduire mon avatar dans ce parcours n’est pas une bonne idée, mais bon)

(ps: le marron moche est doré en vrai)

Boulevard Montparnasse
Boulevard Montparnasse
Jardins de Bercy
Jardins de Bercy
Bercy Arena
Bercy Arena
Buttes Chaumont
Buttes Chaumont
Boulevard Haussman
Boulevard Haussman
Rue Lamarck
Rue Lamarck

SUPER FANTASTIC PLASTIC WORLD 2 – Chapitre 2: KiraKira Killer

Alley! C’est parti pour le second chapitre de la deuxième partie de Super Fantastic Plastic World, mon webcomic stupide.
Cette semaine, deux nouveaux personnages très différents, et j’ai essayé de montrer comment la double histoire (monde réel vs monde fantastique) va virer en une triple histoire suite au CLASH DES TITANS du premier chapitre.

Je pars demain en Espagne pour passer des VRAIES VACANCES AU SOLEIL entre potes, parce qu’à Paris c’est carrément le mois d’octobre tu vois. (j’ai remis le chauffage c’est dire)
Du coup mercredi prochain il n’y aura pas de publication! Mais le reste de l’été sera plutôt productif je vous le promets. Pleins de petits projets se dessinent, seul mais également à plusieurs, voire communautaire, limite participatif (mais chut). Plus d’infos plus tard!

Bonne lecture! J’attends vos retours de pied ferme!

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SUPER FANTASTIC PLASTIC WORLD 2 – Chapitre 1: Split Team

Ben alors! Les aventuriers stupides de SFPW vous avaient manqué? (non? bon d’accord)

Hé ben l’attente est finie, voilà la suite de SUPER FANTASTIC PLASTIC WORLD!
Mon webcomic stupide et illogique fait avec amour et hâte.

Si vous vous rappelez plus trop de ce qu’il s’est passé c’est par ici
Et si vous êtes des personnes riches et généreuses, le BOUQUIN est disponible, avec 20% de réduc et la livraison gratuite cette semaine avec le code JLS714

En tout cas, voici les 13 planches qui constituent le début de cette seconde partie, enjoy!

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